DSP et chefferie

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DSP et chefferie

Message par Isabelle Goupil-Sormany le Ven 18 Mar - 15:05

Bonjour,
La cogestion médicale, au sens administratif, est un artifice particulier, issue de notre culture et de nos lois pour faire le pont entre l'Entrepreneur privé qu'est le médecin qui offre ses services à un établissement (et les conditions qu'il pose pour pouvoir y exercer) et l'établissement responsable d'offrir les services (donc les services médicaux). Ce qui unit l'administratif et le médecin, c'est la volonté d'offrir un service complet de santé.

La séparation des rôles entre l'administratif et le clinique est un compromis entre deux logiques. Or, ce qui est particulier, c'est que tout le volet clinique est liée à la structure administrative... Sauf les médecins. De mon point de vue, notre réalité départementale médicale dans le réseau est une exception plutôt qu'une norme. (Bien que cette norme existe ailleurs, notamment dans la structure universitaire).

Est-ce un modèle logique ? Je n'en suis pas sûre. Mais une fois que le modèle est établi (la reconnaissance du statut particulier de travailleur autonome qui offre ses services dans un établissement)... S'y greffe d'autres logiques, notamment celle sur la qualité de l'acte et la vie départementale.

A partir du moment où on ne remet pas en question les a priori... Il faut toujours se poser la question suivante : pourquoi la santé publique et l'organisation médicale en santé publique mériterait un traitement différent.

D'un côté : la responsabilité médicale en propre du directeur. Cette responsabilité confère toute sorte d'avantage et de levier organisationnel et adminitratif au Directeur de santé publique. L'un des postulats, c'est que quiconque passe par la loi pour exercer ses responsabilités est d'emblée sous l'autorité du titulaire de la responsabilité... Et devrait donc être en lien hiérarchique avec ce dernier... Car il engage la responsabilité de l'autre. En médecine, rare sont les situations où un médecin engage la responsabilité d'autres médecins dans le cadre de son exercice. C'est sur la base de cet a priori que plusieurs directeurs ont souhaité être chefs d'emblée.

-- a cette logique, je ne vois pas en quoi la chefferie engendre un meilleur lien hiérarchique avec les ressources... Mais bon. Je présente l'argument. De plus, le lien hiérarchique passe-t-il par le département ou par une autre modalité (salariat, engagement signé, etc.)

De l'autre côté : l'autonomie médicale comme espace pour négocier autrement... Dans un contexte où le directeur est aussi un administrateur et qu'il pourrait être en conflit entre ses deux rôles (l'administratif et le médical). Ainsi, deux personnes différentes pour la chefferie ou pour la direction peuvent soutenir l'exercice diligent de la médecine. Même chose pour l'évaluation de l'acte... En étant juge et partie, le directeur pourrait être biaisé dans l'analyse de sa propre pratique. Ou plutôt, les collègues pourraient ne pas vouloir juger de la qualité de l'acte de quelqu'un envers qui ils sont liés administrativement.

J'exclus volontaire le rôle politique supplémentaire qui apparaît de plus en plus présent dans la pratique).

Par ailleurs, l'Un comme l'autre modèle engendre des risques. Deux personnes : risque de démobilisation mais surtout de dissidence irréconciliable. Une seule personne : confusion des rôles. Une seule personne : non reconnaissance d'un espace collaboratif non hiérarchique pour gérer les enjeux médicaux.

Je sais où je loge... Mais c'Est une position très circonstantielle. Dans un système qui se fonctionnalise de plus en plus... L'autonomie médicale est peut-être une bouée de sauvetage utile. Mais elle a ses risques... Et je voulais les nommer.

Isabelle




Isabelle Goupil-Sormany
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Chef et DSPublique - deux personnes

Message par Pierre Deshaies 3 le Mer 23 Mar - 23:49

En réaction à un des arguments d'Isabelle qui dit: «En médecine, rare sont les situations où un médecin engage la responsabilité d'autres médecins dans le cadre de son exercice. C'est sur la base de cet a priori que plusieurs directeurs ont souhaité être chefs d'emblée.», je m'inscris en faux à cette interprétation de la responsabilité du directeur de santé publique.

Le directeur qui autorise un médecin en protection ou qui donne des mandats à un autre médecin ne peut être tenu responsable des actes professionnels de ce dernier. Ceci n'existe pas en médecine et semble découler d'une interprétation, à mon sens, erronée, sous l'influence de certains juristes, des responsabilités de la fonction de directeur. Devrait-on demander l'avis du Collègues des médecins? Je n'ai jamais vu nulle part qu'un médecin ne soit pas complètement responsable de ses actes professionnels OU qu'un tiers qui donne les mandats soit imputable des actes médicaux d'un autre médecin. Ça ne tient pas la route. Une partie du débat et de l'idéologie véhiculée par certains à l'effet que le DSPublique DOIT être le chef vient, je pense, de cette interprétation biaisée. Et cette idéologie n'est basée sur aucun fait avéré connu, i.e. qu'un DSPublique soit imputé d'une coche mal taillée faite par une autre médecin, si ce n'est de ne pas avoir vu à une bonne organisation des services ou à fournir les conditions d'exercice adéquates (rôle de gestionnaire, et non professionnel).
Pierre Deshaies

Pierre Deshaies 3
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